Quatre bénéfices démontrés sur l'esprit

1- Elle stimule les zones du Plaisir
Près de Tokyo, une équipe a demandé à 33 hommes de faire une promenade de quinze minutes dans un parc puis, le lendemain, un parcours dans les rues adjacentes. Les chercheurs ont observé des rythmes cardiaques plus rapides et une activité du système nerveux para-sympathique plus élevée chez leurs cobayes quand ils marchainet dans des rues bruyantes. Les participants se sentaient plus "détendus" et "revigorés" après leur tour dans le parc. Est-ce la marche ou la simple vision de la nature qui nous détend ? Deux chercheurs en psychologie de l'Université de l'Iowa ont voulu en avoir le coeur net. Pour éliminer le biais des émotions positives dues au contact avec la nature, ils ont demandé à 453 sujets de choisir entre marcher dans le parc du campus, regarder une vidéo de la marche et marcher sur un tapis roulant dans une pièce vide, et de noter par écrit leur état d'esprit avant et après. Chez tous les marcheurs, les pensées négatives ont laissé la place à des émotions positives ! Selon les chercheurs, la marche est liée chez l'être humain à la recherche de nourriture et de partenaires sexuels et serait donc associée au plaisir dans le cerveau.

2- Elle aide à libérer la parole et les émotions
La Walk and talk therapy est née en 2005 aux Etats-Unis, le jour où le psychologue Clay Cockrell suggéra à un patient surbooké un rendez-vous dans un parc de New York. En France, le coach et thérapeute Philipe Castan a fondé la structure Chemin aidant (cheminaidant.com). Le temps d'une marche de trois à neuf jours, il accompagne des personnes, seules ou en petit groupe. "Je sors le client de son environnement habituel et l'amène dans le mouvement. Je marche à côté de lui ou légèrement en retrait. La parole se libère, le patient ne subit plus le regard de l'autre."
A chaque fois, le thérapeute veille à construire un parcours porteur de sens pour le patient. Pour accompagner un passage à la retraite, l'itinéraire pourra se terminer par une arrivée au lieu-dit La Retraite, dans la Sarthe. Avec les couples, ils marchent entre deux sites batpisés L'Espoir (Maine-et-Loire), en passant par la Jalousie ou La Monnaie. "Après  un ou deux jours de marche, la fatigue du corps abaisse les barrières psychologiques, la réflexion se met à flotter. La personne devient plus ouverte à son environnement. Des liens peuvent alors s'opérer entre le paysage et son cheminement intérieur. La vision d'un arbre seul au milieu d'un grand plateau désertique peut renvoyer un patient à sa solitude par exemple et provoquer une décharge émotionnelle. La marche mène aussi vers des questions existentielles sur la liberté, les limites, le sens de la vie."

walkingbarefoot

 3- Elle met le corps et les pensées en Harmonie
L'ostéopathe Jacques-Alain Lachant, auteur de l'ouvrage Bien marcher, ça s'apprend (éd. Payot) et responsable de la consultation sur la marche à la clinique du Mont-Louis (Paris), a développé une approche globale, la "marche portante", pour prendre en charge ses patients. Il s'agit d'un état où "la personne se sent "portée" depuuis ses pieds jusqu'au sommet du crâne dans un mouvement fluide, dansé, comme un swing, détaille le spécialiste. Je réapprends à mes patients à marcher, par des exercices concrets. Ils découvrent alors une sensation de légèreté au niveau articulaire, et les douleurs au cours de la marche pour lesquels ils étaient venus me consulter disparaissent assez vite".
Les effets sur le bien-être global sont manifestes.
"Le regard se lève et porte loin, les cogitations négatives s'estompent, la pensée devient harmonieuse. C'est comme un autre "état de soi" dans la marche et dans la vie. Plus notre motricité est harmonieuse, mieux le cerveau fonctionne. Et plus on a de désir, plus on est créatif. Le corps et la psyché sont alors en harmonie". 
jacqueslachant.com

4- Elle réveille la créativité
"La marche a quelque chose qui anime et avive mes pensées : je ne puis presque penser quand je reste en place ; il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit", écrit Jean-Jacques Rousseau dans ses Confessions, au XVIIIe siècle. En 2014, une équipe de l'université de Standord a apporté la preuve de cette intuition : la mise en mouvement du corps stimule la créativité. Les chercheurs ont demandé à 176 participants de se prêter à des test fondés sur la "pensée divergente".
Ils devaient ainsi imamginer d'autres façons d'utiliser des objets du quotidien en moins de quatre minutes. Le premier groupe restait assis, le second marchait sur un tapis roulant. Les marcheurs ont généré en moyenne 60% d'idées créatives en plus que le groupe resté immobile. Dans un autre exercice, les participants étaient testés sur leur capacité à générer des comparaisons imagées pour illustrer des concepts complexes : 100% des marcheurs ont eu au moins une bonne idée, contre 50% restés sur leur chaise.

ça m'intéresse - mai 2017